27.04.2008

Convention des élus démocrates

La Convention des élus démocrates s'est tenue hier à Paris.
Contrairement au nom, tous les candidats des élections municipales et cantonales étaient invités.
Comme l'a dit François Bayrou, si la parole n'était donnée qu'aux gagnants, lui-même ne pourrait pas s'exprimer...
 
L'organisation 
La rencontre a été une réussite en termes de gens présents: la salle était pleine, beaucoup de gens restant debouts, au fond, malgré les consignes de sécurité!
Quelques personnes étaient venues de Lyon, malheureusement peu utilisant le car réservé par Florence Maury, que je remercie pour avoir organisé le transport.
 
Les intervenants
François Bayrou a ouvert la séance en soulignant l'importance de présenter des listes indépendantes au 1er tour, partout où c'est possible. Ce qui n'empêche pas de présenter des listes d'union au 2nd tour, en fonction des projets et des personnes. Il a d'ailleurs ajouté que concrètement, dans les collectivités territoriales, en particulier dans les communautés urbaines, les élus travaillent ensemble, en fonction de l'intérêt général. Pour moi, c'est ça l'esprit du MoDem: agir dans l'intérêt général.
Cela a le mérite d'être clair, mais les débats risquent d'être animés dans les fédérations, lors des prochaines échéances régionales! Il a d'ailleurs été ajouté que les choix stratégiques étaient en général compris au niveau local, mais pas au niveau national, où on manque de lisibilité.
 
Beaucoup d'élus se sont exprimés, comme Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur-maire d'Arras, maire sortant qui avait arraché la ville à la gauche en 2001. Il est clairement en faveur des alliances, notamment pour les prochaines régionales, afin de pouvoir influer sur le choix du président du conseil régional! Position polémique, puisque les régionales font (pour l'instant) partie des élections où l'on peut s'en sortir sans alliance.
D'autres élus méconnus se sont succédés pour relater leus aventures de manière tout à fait sympathique.
 
En revanche, on a eu le droit aux salutations de Michel Mercier depuis la Chine, et à une lettre de Rodolphe Thomas. Ce dernier avait appelé à voter pour Sarkozy au 2nd tour de la présidentielle, afin de conserver son siège de député qu'il a perdu. Bien vu, ça c'est de la clairvoyance et de la stratégie! Pour les municipales, à Hérouville Saint Clair, il avait intérêt à se démarquer de l'UMP et de Sarkozy, il est donc revenu au MoDem. Bien vu, ça c'est de l'opportunisme! C'est ce qui me gêne dans ce parti: la porte est ouverte à tous les opportunistes de la politique.
 
Les discussions de fond 
Marcel Deneux (sénateur de la Somme) s'est exprimé sur les biocarburants. Ces derniers sont rendus responsables de la crise alimentaire mondiale et de la baisse du pouvoir d'achat en Europe. Hors les biocarburants sont à base de maïs ou de colza, alors que la population française consomme beaucoup de blé! En bref, il ne faut pas considérer les biocarburants comme des victimes expiatoires, et avoir une réflexion saine sur le sujet. Chose difficile dans un monde habité par l'immédiateté et les passions.
 
Jean-Luc Benhamias (conseiller municipal de Marseille et député européen) s'est également exprimé sur le sujet. Il a notamment parlé du nucléaire et des OGM, appelant à une réflexion saine. Il a affirmé que les recherches OGM devaient se faire en laboratoire, pas en plein champ.
 
Robert Rochefort (Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie, Crédoc) a parlé du pouvoir d'achat. Il faut distinguer les catégories les plus pauvres qui peinent à se nourrir, des classes moyennes dont le pouvoir d'achat stagne mais permet de vivre. La proportion d'argent dépensé en nourriture a diminué (1 franc sur 2 en 1945, 1 euro sur 6 aujourd'hui si ma mémoire est exacte), d'autres dépenses ont pris le pas (équipement technologique).
 
Pour faire le bilan de ces 3 interventions, le MoDem ne défend pas la décroissance, mais une consommation autre, et un changement dans nos styles de vie.
J'ajoute personnellement que l'on parle beaucoup du PIB pour désigner la richesse d'un pays, moins de l'IDH (Indice de Développement Humain) qui indique comment cet argent est utilisé. Par exemple, la Chine a un PIB supérieur à celui de l'Allemagne (OK, la population n'est pas la même), mais si je dois choisir où vivre, il n'y a pas photo.
Dernier point, il existe des classements des pays où les gens sont le plus heureux. Certes, ces classements sont totalement subjectifs, vu que le bonheur est une notion subjective. Il en ressort que les pays où les gens sont le plus heureux sont des pays en voie de développement, alors que nos pays occidentaux ont le blues. Cela confirme que la société matérialiste et le monde de l'argent incarné par Sarkozy ne sont pas la voie à suivre: avoir plus de voitures, ordinateurs ou autre ne nous rend pas plus heureux sur le long terme.
Je ne souhaite pas un retour en arrière, ou une régression, simplement que les rapports humains occidentaux changent et laissent place à une société plus humaine, comme le défendent le MoDem et François Bayrou.
 
Sur ce, bonne réflexion!